vendredi 18 octobre 2019

Hidden Pop Classics #4

CLOUD-WOW MUSIC by Shelby Bryant (2001)
Après la courte aventure The Clears, Shelby Bryant continue la musique en solo, mais accompagné de ses amis. Cloud-Wow Music est un album rêveur où Shelby Bryant s'amuse à divaguer intérieurement, de petites balades acoustiques comme The Walk en odyssées synthétiques dans Fluxogen/Neverything.
Reprenant superbement Daniel Johnston ou étrangement Danny Kaye, le musicien enchaine aussi sur son premier album chansons lo-fi et instrumentaux qui révèlent une imagination prolifique et protéiforme.

After The Clear's short adventure, Shelby Bryant followed his own solo project with help from friends. Cloud-Wow Music is a dreamy album in which Shelby Bryant entertains himself wandering inside, from little acoustic songs like The Walk to synthetic oddyssees in Fluxogen/Neverything.
Covering beautifully Daniel Johnston or oddly Danny Kaye, the musician plays also on his first album lo-fi songs and a few instrumentals that reveal a prolific and shape-shifting imagination.


PINK LOVE RED LOVE by Linda Hagood (2008)
Premier album solo aussi pour Linda Hagood, ensorcelant, magique et peuplé d'animaux et créatures étranges. Linda Hagood y raconte des histoires, parfois des rêves sur une musique libérée et surprenante comme peut le prouver l'explosif Button qui ouvre l'album.
Son jeu de guitare unique et narratif ainsi que sa voix espiègle filent le long des 10 morceaux. Pink Love Red Love semble venir d'un autre monde, parallèle, où la pop ne tourne merveilleusement pas rond.

First solo album also for Linda Hagood, bewitching, magic and inhabited by animals and strange creatures. Linda Hagood tells stories, sometimes dreams, on a freed and surprising music as the explosive Button, opening the album, proves it.
Her unique and narrative guitar style and her mischievous voice run along the 10 pieces. Pink Love Red Love seems to come from another world, parallel, where there's something marvellously wrong with pop music.


Hidden Pop Classics est une sélection de disques qui m'ont marqués et n'ont jamais vieilli. Il n'est pas question ici de grands noms, quoiqu'ils le soient pour moi, mais de grands albums sortis à l'écart des projecteurs.
Hidden Pop Classics is a selection of records that marked me and never got old. It's not  about great names, even if they are for me, but great albums released away from the projectors.

mercredi 25 septembre 2019

The Victor Pope Band - This Is Going To Hurt (Album)

Quel rapport entre Axl Rose et Mark Zuckerberg ? Pas de lien familial à priori, par contre si je vous ai déjà parlé de Paul Vickers, voici son frère Steven Vickers sous le nom Victor Pope. Paul est le frère de Steven et Steven le frère de Paul.
This Is Going To Hurt est-on averti. Les chansons qui composent cet album de The Victor Pope Band ne sont pas à prendre au premier degré mais comme l'agitateur qui remue votre café du matin, celui qui vous fait commencer la journée dans de bonnes conditions.
Provocatrices et drôles ces chansons entre anti-folk, punk et pop sont un régal, l'imitation d'Axl Rose au début d'About Facebook est bluffante mais moins chiante que l'original. Vous le voyez le rapport maintenant ? Beaucoup de hits dont Me and Donald Trump qui tient du génie.

What's the relation between Axl Rose and Mark Zuckerberg? No family link from a quick look, however if i have already told you about Paul Vickers, here's his brother Steven Vickers as Victor Pope. Paul is Steven's brother and Steven is Paul's brother.
This Is Going To Hurt we are warned. The songs that compose this album of The Victor Pope Band are not to take seriously but as the stirrer of your morning coffee, the one that puts you in good conditions to start the day.
Provocative and amusing these songs between anti-folk, punk and pop music are a delight, the imitation of Axl Rose on About Facebook intro is impressive but not boring as the original. You see the relation now? Lots of hits, like the fantastic Me and Donald Trump.






mardi 17 septembre 2019

Kou Keri Kou - Fruta Podrida / Al Son De Un Tambor (EP)

Au mois de mars Kou Keri Kou sortait un EP 2 titres Fruta Podrida / Al Son De Un Tambor accompagné de ce message : Kou Keri Kou n'existe plus. Bien triste nouvelle, les 5 Barcelonais ont en quelques deux années sorti un unique et superbe album ainsi que deux ou trois EPs, dont ce dernier.
Fruta Podrida ouvre en rythme cette ultime production, les mélodies métissées guident cette danse l'entrainant occasionellement sur des sentiers doucement dissonants. De l'autre côté on trouve Al Son De Un Tambor à la tombée de la nuit, plus tranquille, plus envoûtant.
La pop psyché de Kou Keri Kou, égarée entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique Latine, s'en va pour on ne sait trop quelle raison et va me manquer.

Last march Kou Keri Kou released a 2 songs EP Fruta Podrida / Al Son De Un Tambor with this message: Kou Keri Kou is no more. Sad news, the 5 musicians from Barcelona have released in some two years a unique beautiful album and two or three EPs, including this last one.
Fruta Podrida opens in rhythm this ultimate production, the mixed melodies guide a dance bringing it occasionally on sweet dissonant paths. On the other side there is Al Son De Un Tambor at nightfall, quieter, more bewitching.
The psychedelic pop of Kou Keri Kou, lost between Europe, Africa and Latin America, leaves we don't know why and i will miss it.



samedi 3 août 2019

Ben Zár - There Is No Distortion In Heaven (Album)

Et si le paradis était tout ce qui n’est pas sur terre, un vide qui résonne en lui-même, aucune présence humaine excepté des imaginations errantes, la paix tout simplement. C’est cette impression qui ressort de cet album instrumental du Mexicain Ben Zár de Guadalajara, une musique atmosphérique, planante, répétitive, idéale pour se vider la tête.
Des airs de krautrock, de Joe Meek et d’électro douce. There Is No Distortion In Heaven est un agréable moment de pause, la tête dans les étoiles.

What if heaven was everything that’s not on earth, an emptiness resonating in itself, no human presence except wandering imaginations, just peace. It’s that impression that is brought out of this instrumental album by Ben Zár from Guadalajara, Mexico, an atmospheric music, mind blowing, repetitive, perfect to clear someone’s head.
A bit of krautrock, Joe Meek and soft electronics. There Is No Distortion In Heaven is a pleasant break with the head in the stars.




vendredi 26 juillet 2019

Vinyles, K7, CDs, mp3 : doit-on n'en choisir qu'un ?

Je n’ai honnêtement pas lu sur le sujet et ne dirai surement rien de nouveau, beaucoup à compléter aussi. Le propos ici n’est pas de démontrer quel format vaut mieux qu’un autre mais quelles sont les spécificités de chaque format et pourquoi finalement il n’est pas si pertinent de vouloir les hiérarchiser au-delà de points de vue personnels voire affectifs.
J’ai divisé assez simplement en deux types de formats : physique et numérique. Je me suis contenté des formats majeurs, excepté live, ça c’est une autre histoire.


FORMATS PHYSIQUES

Vinyle, K7, CD pour les principaux, les formats physiques impliquent un objet dédié à un album (ou EP ou single). Là où la musique est immatérielle et abstraite, des ondes en gros, ces formats apportent une dimension matérielle, tactile et manipulable, à celle-ci ainsi que visuelle. Ces deux dimensions ajoutées peuvent influer selon les sensibilités sur l’expérience  d’écoute musicale. Le visuel joue un rôle de réceptacle dans lequel on peut projeter la musique écoutée. On peut s’amuser à comparer les deux albums de Flotation Toy Warning : d’un côté le voyage et la légèreté d’oiseaux survolant une mer, de l’autre la massivité statique d’un mammouth. Comment percevons-nous leur musique et se passe-t-il quelque chose si on écoute le premier en regardant le second ? Et inversement.
Autre chose, s’il est devenu répandu depuis internet d’y commander ses disques, l’achat s’effectuait auparavant quasiment exclusivement en magasin, avec un choix limité et à l’exception de rares et coûteux imports, uniquement des albums distribués dans son pays. Choix limité mais aussi quantité limité, tous les disques ne sont pas réédités lorsqu’ils sont épuisés.
Pour faire la promotion d’un album, une ou plusieurs chansons se diffusaient à la radio ou d’autres supports (compilations etc…), le reste était à découvrir une fois l’objet chez soi : un moment de découverte et de surprises parfois bonnes et parfois mauvaises.

Vinyle
L’une des caractéristiques du vinyle est sa double face, ce qui implique une coupure dans l’écoute mais impacte aussi la répartition des morceaux, si vous avez trois morceaux de 15 minutes ça va poser problème, il y en a un qui ne rentrera pas sans être coupé. Quant au son, si le signal sonore produit est analogique, celui enregistré ne l’est pas forcément. On ne retrouvera pas le son des bandes magnétiques sur un enregistrement numérique, même sur vinyle. Corrigez-moi si je dis de bêtises. Ça reste un bel objet, qui prend de la place mais qui est joli et peut évoquer, comme tous les formats d’ailleurs, une certaine époque et la musique qui lui est associée.
Si on n’y voit pas trop mal, on peut repérer les séparations entre les morceaux et, après un petit compte, choisir celui qu’on veut écouter.
Encadrez-les si vous voulez, petite précision, c’est fait pour être écouté.

Cassette
Format poche, transportable et même écoutable quand on la transporte grâce au baladeur, un moyen facile de sortir sa collection de musique en dehors de la maison. Toujours deux faces, par contre si on voulait passer une chanson ou en réécouter une autre il fallait un peu de patience et faire avance rapide ou rembobiner jusqu’à ce que ce soit bon. Pas possible non plus d’arrêter l’écoute au milieu d’un album sans avoir à rembobiner pour le réécouter depuis le début plus tard mais on pouvait interrompre temporairement la lecture et la reprendre à l’endroit exact où on l’avait interrompue.
L’enfer de la cassette c’était la bande qui s’emmêle et qu’il fallait remettre soigneusement et patiemment ensuite à l’aide d’un crayon.
Mais on revient aux avantages : la facilité à enregistrer sur ce support, des copies, des compilations ou des compositions, n’est-ce pas Daniel Johnston, ainsi qu’à diffuser les cassettes auprès des amis ou autres. Autant dire que ce format un peu ringard et pas très joli à bouleversé pas mal de choses malgré tout.

CD
Le disque lazer, c’était un peu le futur, Star Wars dans notre quotidien, l’an 2000 à quelques pas. Cette fois, c’est du numérique, la preuve : les arcs en ciel au dos du CD. Rond comme un vinyle et transportable comme une cassette, on peut écouter tout un album sans interruption pour changer de face, mettre en pause, choisir facilement sa chanson. Les tentatives de baladeur CD sont plutôt un mauvais souvenir, à moins qu’il ne soit, comme Stereolab, transporté sans bouger. Sinon ça saute.
Un vinyle rayé, c’est très chiant, un CD rayé, c’est très irritant. Un ordinateur avec graveur permettait de faire des compiles aussi ou de diffuser sa propre musique avec des compatibilités aléatoires sur les lecteurs de CD.
Je m’arrête là pour les formats physiques.


FORMATS NUMERIQUES : mp3 et compagnie

Immatériel et illimité, sur internet on trouve à peu près tout et ce qui n’a pas été numérisé ne l’est peut-être juste pas encore. Je vais parler principalement au présent maintenant, les formats physiques sont toujours d’actualité et ceux numériques plus vraiment nouveaux mais c’est comme ça, j’ai envie. Je vais commencer par une forme de bizarrerie : la commercialisation du format purement numérique (sans support physique), au-delà des quantités illimitées de fichiers et de l’offre en expansion constante, les plateformes de téléchargement ont apporté cette originalité qu’est l’album à la découpe. Plus nécessaire d’acheter un album en entier, on peut n’en prendre que quelques bouts après avoir écouté des extraits ou des titres en entier. Là où on avait quelques singles pour vendre un album, l’album à la découpe n’encourage-t-il pas les artistes, et peut-être plus encore les labels, à produire des albums de singles ? Où chaque titre doit accrocher rapidement au détriment de morceaux qui demandent plus de temps ou sont plus aventureux.
Dans le prolongement de la cassette, le format numérique peut  être facilement écoutable partout : ordinateur, lecteur mp3, smartphone… et toujours dans le prolongement d la cassette c’est un moyen très simple et peu coûteux, sinon gratuit, de diffuser sa propre musique grâce à des plateformes comme bandcamp, soundcloud. Un pas de plus pour la démocratisation de la production musicale.
Pour en revenir à l’écoute, les mp3s et compagnie offrent la possibilité de créer des playlists et d’écouter aléatoirement les morceaux de plusieurs albums à la fois. Et comme le format est immatériel, il ne vieillit pas. Par contre il peut être supprimé par mégarde. Ce non vieillissement et son immatérialité en font aussi un format impersonnel et sans histoire ou presque (le fichier égaré puis retrouvé…)
Le visuel ne devient qu’une vignette indicative sur un écran pixelisé.
Voilà, ça commence à me saouler d’écrire, je m’arrête là.

jeudi 6 juin 2019

District Repair Depot - Argy-Bargy (EP)

Il serait dommage de passer à côté de ces 4 titres de District Repair Depot, à commencer par le premier, Argy-Bargy, décharge d'énergie pas trop sérieuse qui possède de quoi bien accrocher l'auditeur avec son riff simple et roulant.
Mais bon, voilà The End Of Times Song, c'est-à-dire qu'après avoir bien excité tout le monde faut bien revenir au calme, hein. Ça y est ? Sûr ? Bon. Cette douce petite promenade instrumentale ayant fait son effet nos oreilles sont bien sages pour écouter les bonheurs de la pop magistrale de (The World of) Autumn Feelings et parce qu'on a besoin d'espoir All Will Be Well vient poursuivre cet élan pop et psychédélique. Sûr ? Comment interpréter ces dissonances clôturant ce quatrième morceau ? Libre à vous.


It would be too bad to miss out on these 4 District Repair Depot songs, starting with the first one, Argy-Bargy, a not so serious electric shock that owns what's needed to catch the listener with its simple and rolling riff.
But well, here comes The End Of Times Song, because after having well excited everyone it's now time to calm down. Done? Sure? Well. This sweet little instrumental walk having done its effect our ears are well-behaved to listen to the delights of (The World of) Autumn Feelings masterful pop music and because we need hope All Will Be Well comes to keep up this psychedelic pop momentum. Sure? How to interpret these dissonances closing this fourth song? Please yourself.




mardi 4 juin 2019

Caro Alfabeto - Deian Ed Il Suo Caro Alfabeto (EP)

Gioacchino Turù aussi connu sous le nom de Giacomo Laser devient Caro Alfabeto, projet collaboratif mêlant interview et musique autour d'une lettre : ici Deian et la lettre D.
Une seule piste de 17 minutes où s'enchainent les joyeux délires soniques italophones, 17 minutes d'électro folk lo-fi, de cabaret psychédélique. Peut-on en espérer d'autres ? Il reste encore 25 lettres, 25 comme ce Deian Ed Il Suo Caro Alfabeto serait fantastique. Peut-être qu'il n'y en aura qu'un, et il est déjà très bien.


Gioacchino Turù also known as Giacomo Laser becomes Caro Alfabeto, a collaborative project mixing interview and music around a letter: Here Deian and the letter D.
Only one 17 minutes track where the joyful italian sonic delirium come one after another, 17 minutes of lo-fi electronic & folk music and of psychedelic cabaret. Can we hope some more? There are still remaining 25 letters, 25 like this Deian Ed Il Sue Caro Alfabeto would be fantastic. Maybe there will be only one, and it's already a good one.


Écouter et acheter // Listen to and buy Deian Ed Il Suo Caro Alfabeto

Gioacchino Turù e Vanessa V. on facebook