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jeudi 27 juillet 2017

Ben Clay, Flotation Toy Warning (Interview)

Ça y est, Flotation Toy Warning a enfin sorti The Machine That Made Us, successeur de Bluffer's Guide To The Flight Deck, et nous a prouvé que l'attente en valait la peine. Ben Clay (l'un des deux guitaristes du groupe) a bien voulu répondre à quelques questions. (English below)

 

Peux-tu te présenter toi et ton groupe ?
Mon nom est Ben Clay et je suis guitariste et co-songwriter avec Paul Carter dans Flotation Toy Warning.


Avec la sortie de The Machine That Made Us on ne parle que de la longue attente, ton approche de la musique a-t-elle évoluée entre le début et la fin des enregistrements ?
Oui, j’aime bien qu’« on ne parle que de la longue attente » ! Pour être honnête notre approche de la musique en termes d’écriture n’a quasiment pas changé. Grossièrement la moitié des chansons sont au départ ébauchées par Paul et l’autre moitié nait d’une écriture collective. Les chansons peuvent partir d’un son trouvé nourrissant des choses sans fin : voix, claviers, guitares, appareils ménagers passés au travers de chaines d’effets jusqu’à ce que quelque chose nous intéresse, on y ajoute une sorte de rythmique, superpose des voix par-dessus et avec un peu de chance c’est parti… parfois ! Ça peut se produire immédiatement ou prendre plusieurs jours. Avec cet album certaines chansons ont évolué alors que nous cherchions à avancer sur une toute autre chanson, King Of Foxgloves vient d’une session où nous cherchions la partie suivante de The Moongoose Analogue.
Avec le temps on a appris à mieux sentir quand quelque chose va dans la bonne direction ou pas, comme jusqu’où pousser une idée pour savoir si ça peut devenir une chanson de Flotation.
La chose qui a peut-être changé avec Machine est que nous avons pris de l’assurance dans le choix des bonnes prises, du bon son et du ressenti pour chaque chanson alors que nous enregistrions les versions finales. Cela doit beaucoup à l’aptitude de Nainesh (autre guitariste du groupe qui a enregistré une grande partie des chansons de Machine) a traduire nos idées sur comment doivent sonner les choses en un enregistrement concret.


Et est-ce que les obstacles que vous avez rencontrés dans la composition et l’enregistrement de l’album ont influencé, d’une certaine manière, vos chansons ?
Finalement dans une certaine mesure pour ce qui concerne la musique, les obstacles rencontrés n’ont pas influencé directement les chansons. Nous ne sommes pas des musiciens formés et notre approche de l’écriture peut être un peu aléatoire, la musique à laquelle nous pouvons aboutir est celle qui résonne le plus en nous. Bien sûr il y a eu de grands changements dans nos vies depuis Bluffer's, certains d’entre nous sont partis et ont eu des enfants, et cela change indéniablement les perspectives et regards sur la vie, je suis sûr que certaines choses transparaissent. Au sujet des paroles Paul a dit avoir dû travailler dur pour se mettre dans le bon état d’esprit pour écrire, s’enfermant dans une vieille église au Pays de Galles et subsistant avec des gâteaux et des films de Tarkowsky et Bergman (tout ou partie est peut-être vrai).


D’une manière générale qu’est-ce qui influence votre musique et vos textes ?
Notre amitié a toujours été sous-jacente à notre musique et dans un certain sens cela nous a beaucoup influencés. Finir cet album, et la quantité de temps et d’efforts surhumains qui a éventuellement été demandée, a rétabli la relation qui était devenue tendue et abimée quand nous avons fait Bluffer's il y a maintenant longtemps. A propos de nos influences musicales, nous avons tous des goûts largement différents, nous sommes des auditeurs avides et on espère que cela se ressent au travers de notre musique.
Pour les paroles il faudrait que tu voies directement avec Paul, elles lui appartiennent toutes, je dirais simplement que l’album renferme une merveilleuse collection de textes. Certaines paroles, comme celles qui ouvrent Due To Adverse… sont apparues pendant les démos, improvisées sur le moment puis devenues une partie intégrale de la chanson et devaient le rester, je n’ai toujours aucune idée de leur signification, mais la plupart des textes ont pris du temps et ça se sent.


Quelle était ta relation avec la musique, en tant qu’auditeur et "acteur", en dehors des sessions d’enregistrement pour Flotation Toy Warning pendant cette période ?
La musique est une partie fondamentale de la vie, que ce soit dans l’écriture, l’écoute, regarder jouer ou en jouer soi-même. J’ai écouté de la musique ardemment quand j’ai commencé à emprunter à ma sœur des disques de punk et des magazines de musique à l’âge de 12 ans et je n’ai jamais pensé arrêter. La musique marque nos vies, nous associons des souvenirs aux chansons que nous aimons ou haïssons, ça nous rappelle nos amitiés. Je ne sais pas si cela réponds à ta question.


Quelles sont tes attentes quand tu cherches une mélodie ou un son de guitare ?
Le plus souvent ma façon d’écrire et notre manière de travailler avec les guitares sont largement instinctive en y ajoutant autant de pédales d’effets qu’on le peut ! Nain autant que moi sommes comme des enfants dans une confiserie quand il est question d’effets, on en a jamais assez et même quand nous pensons avoir fait le tour, nous finissons toujours par découvrir de nouvelles choses appétissantes qui nous prouvent le contraire. Encore une fois le son est souvent le point de départ avant la recherche de mélodies.
Sur cet album mon son préféré est probablement celui des guitares sur les couplets de The Moongoose Analogue, Paul les décrits comme le jet-stream d’un avion, c’est clairement plus un son qu’une mélodie distinctive. On l’a trouvé au moment de la démo et on a gardé la piste car je ne voyais pas comment on aurait pu l'améliorer.
Pour les guitares collaboratives, difficile de faire mieux que celles sur les couplets de Heroes…, Nain et moi nous sommes beaucoup amusés pour l’enregistrement de ces guitares et en avons enregistré 6 ou 7 mélodies différentes, les assemblant avec chaque partie tendant le témoin à la suivante.
Machine a complètement changé notre approche des guitares. Avec Nain nous avons beaucoup travaillé ensemble dessus et pour être honnête nous nous sommes rarement pris la tête. Nous nous sommes surtout amusés. Il est arrivé que certaines parties soient rejetées mais c’est ainsi qu’on fonctionne avec Flotation, la chanson est la finalité et non la partie de guitare individuellement, donc même s’il est frustrant de devoir en réécrire certaines, c’est au final une bonne décision pour la chanson elle-même.


En plus de 15 ans d’existence pour le groupe, y a-t-il des expériences ou rencontres (en dehors de Sean Bouchard et son infaillible soutien) qui vous ont marqué ?
Bien évidemment notre rencontre avec Sean de Talitres a sauvé notre groupe, sans lui il est sûr que nous n’aurions jamais fini cet album et il est devenu avec le temps un très bon ami aussi, nous sommes heureux de pouvoir enfin le récompenser pour sa patience et sa confiance.
Il y a en a d’autres aussi, Brian O’Shaugnessey, qui a mixé Bluffer's et une bonne partie de Machine, est devenu une personne importante qui a été la clé pour achever Bluffer's. Il est aussi devenu un très bon ami.
Faire de la musique est une histoire de connections, vraiment, et faire de la musique avec des gens que tu considères comme tes meilleurs amis est une excellente chose, puis tu transmets ce que tu as créé à un large public et les gens y répondent, te disent ce que ça signifie pour eux.


Quels artistes locaux t’ont touché récemment ?
Cette question me fait penser à deux artistes, un groupe et un écrivain, bien qu’aucun des deux ne soit issu de la scène locale.
Pour le groupe, Califone a creusé son propre sillon en faisant une musique excitante et innovante à leur manière pendant une vingtaine d’années. Leur musique pourrait être décrite grossièrement comme enracinée mais avec au-delà de ça une approche expérimentale qui les démarque des autres ; des bruits, des sons, d’étranges percussions, bien que cette description soit totalement insuffisante. Nous écoutions leur album Quicksand/Cradlesnakes il y a peu quand nous nous rendions au Pays de Galle pour nous réunir tous et c’est un disque fantastique, je conseille de commencer par celui-ci puis d’acheter ensuite tout ce que vous pouvez d’eux.
Pour l’écrivain, Ben Ratliff. Il a écrit un livre intitulé Every song ever, c’est un bouquin dont l’intention est de t’encourager à écouter de la musique avec une approche original, qui ne soit pas basée sur les frontières du style musical. Il fait des parallèles entre des groupes ou des musiciens qui au premier abord semblent n’avoir rien en commun. C’est une excellente lecture qui peut t’offrir bien plus si tu le veux.


Certains membres de Flotation Toy Warning sont-ils impliqués dans d’autres projets musicaux ou artistiques ?
Tous sont ou ont été impliqués dans d’autres projets créatifs.
Paul était l’un des chanteurs invités de The Fitzcarraldo Sessions.
Steve, Nain et moi avons fait un documentaire musical, Main Stage, qui prend le Reading Festival de 1989 pour point de départ. Nous avons interviewé tous les artistes qui y ont participé et c’est devenu un film sur qu’est-ce qu’être musicien et les parcours et histoires que ça entraine. Tu peux en trouver 4 épisodes sur YouTube.
Nain travaille comme ingénieur/producteur/mixer au Snorkel Studios où on a beaucoup enregistré pour Machine.
En plus de la quasi-totalité des designs réalisés pour Flotation, Vicky est conservatrice à la British Library et il lui arrive de travailler sur des livres incroyables comme les carnets originaux de Leonard De Vinci.
Steve dirige un brillant centre communautaire de films et musique qui s’appelle TAPE au nord du Pays de Galles. L’année dernière ils ont fait leur premier film, British Winters, c’est un superbe travail à plusieurs niveaux. Il y aura une première en France au Festival Intergalactique de Brest un peu plus tard dans l’année.


Une question périphérique : le Royaume-Uni, comme à peu près le reste du monde, semble être actuellement en pleine agitation politique, comment cohabites-tu avec tout ce qui est en train de se passer ?
En vérité ces dernières années la situation politique au RU a été terrible, nous nous sommes retrouvés à nouveau avec un gouvernement sectaire et à courte vision uniquement intéressé à se servir lui-même ainsi que les grandes entreprises qui le soutiennent. Finalement avec les dernières élections on a vu l’arrivée d’une opposition suffisamment courageuse se revendiquant socialiste et de le prouver par des idées et des actions. Nous sommes loin de la perfection mais il y a des signes, comme le million de jeunes qui se sont inscrits pour voter, que les choses peuvent changer et c’est au moins une raison d’espérer et de se réjouir. Comme pour le reste du monde, c’est aussi indéniablement une période effrayante, Trump président, merde, comment une chose pareille est-elle possible ?


Que dirait The Machine That Made Us à son prédécesseur Bluffer's Guide To The Flight Deck ?
Il serait possible que Machine passe un coup de fil à Bluffer's et l’invite au bar du coin, lui bourre la gueule jusqu’à ce qu’il s’écroule, ivre, et le mette dans un avion/train/bus jusqu’à un pays lointain. Bien qu’en vérité, ces deux là sont les meilleurs amis du monde et ils finiraient probablement par boire et se raconter des histoires tard dans la nuit jusqu’à s’effondrer après avoir raté le dernier bus.


Soulagé par la sortie de l’album ? Quels sont tes souhaits, actifs ou passifs, pour Flotation Toy Warning dans l’avenir ?
C’est bien trop tôt pour se projeter un peu plus loin dans le temps. Le disque est fini et nous allons maintenant avoir le plaisir de présenter ces nouvelles chansons sur scène. On a trouvé que les concerts donnés en novembre de l’année dernière pour les 15 ans de Talitres comptaient parmi nos meilleures performances. Nous avons la chance d’avoir une bonne formation live maintenant, avec nos amis Adie et Gwen qui nous ont rejoints, notre challenge est de faire encore mieux que ces derniers concerts.
Ce serait bien sûr super si Machine pouvait atteindre une audience plus large, et si nous avions l’opportunité de jouer dans de nouveaux pays, un voyage aux États-Unis, ce serait bien aussi.
J’aime penser que Paul et moi continuerons à faire de la musique ensemble longtemps encore, je verrais toujours ça comme une part de ma vie, donc la question devrait être, pourquoi pas un autre album alors ?

 

vendredi 3 juin 2016

Roald Van Oosten (Interview)

Oh Dark Hundred sorti cette année marque une nouvelle étape dans la carrière du musicien Roald Van Oosten. C'est une occasion de faire un petit point avec lui. (english below)


Peux-tu te présenter ?
Je suis Roald Van Oosten, j’ai grandi à Bruxelles puis à Haarlem, une petite ville près d’Amsterdam. J’ai joué avec Caesar, groupe pop un peu flemmard, pendant environ huit ans, puis j’ai débuté Ghost Trucker, un projet musical type « film noir », après lequel je suis devenu par magie compositeur pour le théâtre et le cinéma.


Après Caesar et Ghost Trucker, qu’est-ce qui t’a mené vers une carrière solo ?
Présenter mes nouvelles chansons sous mon propre nom me paraissait plus honnête que sous un prête-nom. Ces dernières années m’ont apporté des expériences qui ont abouti à un album très personnel, Oh Dark Hundred. Les chansons parlent de ma famille et de mon passé. C’est un peu comme si je rangeais mon bureau pour aller de l’avant.


Ton univers est à moitié immergé dans l’imaginaire et le fantastique, d’où cela vient-il ?
C’est difficile pour moi d’être direct dans ce que racontent mes chansons. Cela m’aide à romancer mon univers et à en faire un monde mystérieux. Puis trouver la bonne bande son pour l’accompagner. J’aime les écrivains qui peuvent, par le choix des mots, mythifier la vie de tous les jours. Et pas uniquement les écrivains, cela vaut pour toute forme d’art. Max et les Maximonstres de Sendak en est un bon exemple.


Que signifie Oh Dark Hundred, titre de ton album, pour toi ?
C’est lié à ce que j’ai dit plus haut. Pour moi cette expression « Oh Dark Hundred ! » (ça aide de le dire à voix haute) est une sorte de formule mystique. Dans le jargon de l’armée cela signifie « minuit ». C’est un point de départ pour l’atmosphère générale de l’album.


Ta signature chez V2 m’a fait sourire, c’est un label que j’associe à Grandaddy, Mercury Rev, dEUS… groupes que j’écoutais beaucoup il y a 15 ou 20 ans. J’ai remarqué qu’ils ont racheté Excelsior. Comment abordes-tu cette nouvelle expérience ?
Ces groupes que tu mentionnes ont définitivement eu une grande influence à cette époque-là. Mon premier groupe, Caesar, a été la première sortie d’Excelsior Recordings. Nous nous sommes reformés hier (1er juin) pour célébrer le 20ème anniversaire du label et de l’album (Clean, 1996). Puis pour mon nouvel album je suis passé chez V2, ce qui est une bonne chose, je pense que 20 ans est une longue période pour être sur le même label, tu ne crois pas ?


Tu as maintenant une importante carrière qui compte plusieurs projets : groupes, théâtre… Depuis tes débuts, certaines expériences t’ont-elles particulièrement marqué ?
En 2012 j’ai travaillé au Royaume-Uni avec Martin Crimp, un excellent auteur avec lequel j’ai eu une super collaboration en écrivant des chansons pour sa pièce Dans la République du bonheur. C’était définitivement un passage important pour moi en tant que compositeur. Quand j’avais 19 ans je suis parti à Londres pour tenter ma chance dans la musique. 10 ans après avec Caesar nous avons été signés sur un label au Royaume Uni. 10 ans plus tard encore je suis revenu à Londres en tant que compositeur pour le théâtre. Mais je dois dire que d’une manière générale je suis très heureux d’avoir eu la possibilité de faire toutes ces connexions créatives, allant du théâtre au cinéma au rock, je ne m’ennuie jamais.


Que sont devenus tes anciens partenaires (au sein de Caesar et Ghost Trucker) ?
Marit et Sem, pour Caesar, ont des jobs à plein temps et montent occasionnellement sur scène pour faire un peu de bruit. Les Ghost Truckers (qui rassemble pas mal de monde depuis ses réincarnations) font leur propre musique dans des groupes comme Alamo Race Track et Awkward I.


Y a-t-il un groupe hollandais que tu souhaites recommander ?
Bien sûr : Canshaker Pi sont très bons, ils ont enregistré un nouvel album produit par Stephen Malkmus qui sort bientôt. J’aime aussi Indian Askin qui fait du bruit avec des guitares acoustiques. Toujours une bonne idée !


Quelles sont les prochaines étapes pour Oh Dark Hundred et toi ?
Ça a été une période productive pour moi, j’ai écrit la musique d’une nouvelle pièce, Distel par Orkater. Les représentations ont débuté il y a deux semaines, et j’ai 25 concerts de prévu avec mon groupe. Il se peut bien que cela aboutisse a un nouvel album. Avec Dave Menkehorst, le producteur de Oh Dark Hundred, je termine actuellement le mixage d’enregistrements inachevés de Ghost Trucker qui j’espère sortiront aux alentours de Noël. Je recherche aussi des occasions de jouer à l’étranger, en Belgique, France, Allemagne après l’été.



mercredi 10 février 2016

Jacob Faurholt (Interview)

Le nouvel album de Jacob Faurholt Super Glue est sorti le 22 janvier dernier et c'est avec lui que j'inaugure cette section Interviews (english below).
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je viens d’Aarhus, Danemark, et vis à Copenhague. J’écris et sors des disques en solo et en tant que Crystal Shipsss. Je suis un grand amateur de musique.

Quand as-tu mis le pied dans la composition musicale et quelles ont été tes influences fondatrices ?
J’ai eu ma première guitare à 16 ans et j’ai commencé à écrire des chansons dès les premiers accords basiques appris. J’écoutais les Smashing Pumpkins, Radiohead etc. Mais c’est un concert de Robin Proper Sheppard / Sophia (ex The God Machine) qui m’a réellement encouragé a écrire. Ses chansons étaient si belles, intenses et simples.

Floating In Space est le premier single de Super Glue et le titre qui ouvre l'album, la chanson semble parler d'absence. Veux-tu m'en en dire plus ?
Je ne pense pas trop en terme de thème et tout ça quand j’écris mais Floating In Space, ainsi que la plupart des chansons de l’album, a été écrite après une séparation. Donc oui, l’absence est un thème de la chanson et de l’album en général.

Pourquoi le choix de Super Glue, qui est aussi une chanson de l'album, comme titre ?
Je crois me souvenir des mots ”super glue” dans une chanson de Chad VanGaalen entendue il y a plus de 10 ans. Ça m’est resté, d’une certaine manière, puis je me suis dit que cela sonnerait bien pour un disque écrit après l’effondrement d’une relation.
J’ai essayé de chercher sur G**gle ”Chad VanGaalen” + “Super Glue” mais je n’ai rien pu trouver alors cela ne vient peut-être même pas d’une de ses chansons.

Ton premier album sous ton propre nom est sorti il y a maintenant un peu plus de dix ans, des expériences bonnes ou mauvaises liées à ta musique t'ont-elles marqué pendant ces dix années ?
Je pense que mon déménagement à Berlin en 2010 a été un moment important autant d’un point de vue personnel que musical, non pas à cause de l’environnement là-bas mais parce que j’y ai réalisé que ma musique devait avoir une place centrale dans ma vie de tous les jours pour pouvoir être heureux.

Tu as un autre projet en parallèle Crystal Shipsss, que recherches-tu au travers de ces deux projets ?
D’un album a un autre l’évolution est plus naturelle avec mon projet en solo. Avec Crystal Shipsss il n’y a pas de limites quand il est question de style, d’expression musicale... Crystal Shipsss est mon aire de jeu.

Tu as travaillé avec Soren Brothers (Man Meets Bear) comment vous êtes-vous rencontrés ?
Soren est l’un de mes meilleurs amis et musicalement je le considère comme une âme sœur. Nous nous sommes rencontrés quand j’étais à Montréal pour un concert en 2009 et peu après nous avons tous les deux emménagé à Berlin où nous avons enregistré et joué ensemble. Malheureusement nous ne nous voyons que très peu maintenant qu’il vit au Canada et moi à Copenhague.

Tu vis actuellement à Copenhague, quelles relations créatives entretiens-tu avec cette ville ?
Copenhague est une chouette ville pour faire de la musique, il y a plein de gens talentueux et des super salles. C’est ici que j’ai rencontré l’un de mes musiciens danois préférés, c’est Claus Frøhlich du groupe de pop lo-fi et noisy Younolovebunny. Il joue maintenant aussi dans mon groupe et a réalisé la pochette du nouvel album ainsi que la vidéo de Floating In Space. Il est très talentueux !

Le Danemark a récemment adopté de nouvelles loi visant les réfugiés, (confiscations de biens, limitation de mobilité et triplement du délai imposé aux demandeurs d'asiles pour pouvoir faire venir conjoints et enfants). Quel regard as-tu sur ces mesures ainsi que, d'une manière plus générale, les politiques européennes récentes vis-à-vis des réfugiés ?
J’ai putain de honte de la manière dont notre gouvernement gère cette triste situation. Ils sont indignes.

Un groupe ou artiste danois dont tu souhaiterais parler ?
Va écouter Younolovebunny. Claus écrit de super chansons pop mélodieuses et j’aime beaucoup ses visuels.

Un vœu (pour Super Glue ou autre chose) ?
Je souhaite une année paisible pleine d’excellente musique.





Jacob Faurholt has released his new album Super Glue on january, 22nd, I open this Interviews section with him.

Can you introduce yourself in a few words?
I am from Aarhus, Denmark and I live in Copenhagen. I write and release music solo and as Crystal Shipsss. I am a big music nerd.

When did you step into music composition and what were your founding influences?
I got my first guitar at 16 and started writing songs as soon as I learned some basic chords. I was into Smashing Pumpkins, Radiohead etc. But it was a concert with Robin Proper Sheppard / Sophia (Ex – The God Machine) that truly inspired me to be a songwriter. His songs were so beautiful, intense and simple.

Floating In Space is the first single and opening track of your new album Super Glue, from what I understood the song is about absence. Do you want to tell me more about it?
I don’t think too much about what I am writing in terms of themes and so on but “Floating In Space” (and most of the record) was written after a break up. So yes absence is a theme of the song, and the record in general.

Why did you choose Super Glue - also a song of the album - as the album name?
I seemed to remember the word “Super Glue” from a Chad VanGaalen song I heard over 10 years ago. It somehow stuck with me, and then I thought it was a nice word to use on a record, that was written out of a relationship falling apart. I just tried to G**gle Chad VanGaalen + “Super Glue” but couldn’t find anything. So maybe it’s not even a word from one of his songs.

Your first album as Jacob Faurholt was released now a bit more than 10 years ago. Are there some experiences, good or bad, linked to your music that have marked you these last 10 years?
I think moving to Berlin in 2010 was a defining moment, both personal and musically. Not so much because of the environment there, but because it made me realize, that my music has to have a central place in my everyday life for me to be happy.

You have another band, Crytal Shipsss, what are your musical expectations with these two projects?
With my solo material I think there is a natural progression from record to record. And with Crystal Shipsss there are no boundaries when it comes to genres, musical expression and so on. Crystal Shipsss is my musical playground.

You happened to work with Soren Brothers from Man Meets Bear, how did you meet him?
Soren is one of my best friends and I consider him a musical soul mate. We met when I was in Montreal playing a concert in 2009, and then later we both moved to Berlin, where we recorded and played together. Unfortunately we don’t see each other much these days, as he lives in Canada and I in Copenhagen.

You actually live in Copenhagen, what are your creative relations with this city?
Copenhagen is a nice city to do music. There are a lot of talented people here and some great venues. Moving here I met one of my favorite Danish musicians, who is Claus Frøhlich from the noisy lo-fi pop group Younolovebunny. He now also plays in my band and he made the artwork for my new record & the “Floating In Space” video. He is so talented!

Denmark has recently adopted new laws regarding refugees (confiscation of valuables, limitation of mobility, 3 years before applying to family reunification). What's your opinion on this and on the actual European immigration policies?
I’m fucking embarrassed of how our government handles this sad situation. They are a disgrace.

A Danish band or artist that you want to talk about?
Check Younolovebunny out. Claus writes great melodic pop songs and I love his aesthetics.

A wish (for Super Glue or anything else)?
I wish for a peaceful year with a lot of great music.